Les hauts et les bas de la province

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Afghanistan - Samangan
de Laura Ingalls, le 05-04-2008

Les hauts et les bas de la province

Hier, je lançais à qui voulais m’entendre le programme de mon week-end, que j’avais pensé bien rempli et productif. Neuf heures : Sharaf me rejoint à la maison avec des sacs de fumier pour préparer le jardin et planter mes premières graines de roquettes, de courgettes, de radis et quelques fleurs. Deux heures de cours de dari avec Noria. Le poulet qui a mariné toute la nuit dans son bain d’huile d’olive, d’ail, d’oignon et d’herbes de provence. Un peu de piano, beaucoup de puzzle…

Ce matin, je mets le réveil à sonner à huit heures… Pour un week-end ! Sacrilège, mais je n’ai pas envie de dormir avec cet emploi du temps de rêve. Oui, mais…

Oui, mais ce matin, le ciel est gris, le vent souffle, chargé de fraîcheur et d’humidité. Espoir… A neuf heure et quart, j’entends le klaxon de la voiture pour qu’on ouvre le portail. Vite, je me détache de mon puzzle, enfile une vieille paire de chaussures et me précipite à la rencontre de Sharaf… Sous une pluie fine mais persistante ! Enfin, il pleut ! J’entends les cris d’excitation des enfants dans la rue, les chiens se sont mis à aboyer en écho à leur joie.

Sharaf et Baba Aziz déchargent les sacs de fumier et vont les mettre à l’abri dans l’appentis derrière la cuisine. Sharaf sort une ordonnance de sa poche, sur laquelle est écrit : « Flank pain ». Je lui demande de m’en dire plus, mais en effet, il ne me montre que ses basses côtes en disant qu’il a commencé à avoir mal la nuit dernière. Alors là, aucune idée de ce que ça peut être. Je lui demande s’il a fait un quelconque travail physique, mais non, même pas. Que dire ?

Le jardinage tombe à l’eau. « Farda », demain. Oui demain… Et aujourd’hui, quoi ? Nous commentons la venue de la pluie avec Baba Aziz. Un sourire édenté lui traverse le visage : « besiar khub », très bien. Oui très bien, peut-être que les paysans vont souffler un peu. J’entends le muezzin au haut-parleur de la mosquée voisine. Est-ce qu’ils ont continué à prier pour la pluie ? Les odeurs d’humus m’arrivent par la fenêtre ouverte. Cela faisait trop longtemps que je n’avais pas respiré cette annonce de vie et d’espoir.

Mon week-end en province est bien différent des week-ends en capitale.

Déjà hier soir, en préparant le poulet, je me faisais la remarque que je reprenais racine… Contact avec la nature et un peu de cette terre qui nous fait vivre. On a bien tendance à l’oublier. Le poulet, c’est Ashuri, le cuisinier, qui l’a acheté hier matin au marché. Le jeudi, c’est jour de bazar et les paysans viennent avec leurs bêtes sur pieds. Alors le poulet, je l’ai entendu caqueter son dernier souffle tandis qu’on lui tranchait la gorge, dans la cour, sous la fenêtre de mon bureau. Et puis Ashuri l’a plumé et vidé en partie, prenant soin de me laisser les meilleurs abats. C’est un gros morceau, et ça m’a pris une heure de le découper. J’apprends à repérer les jointures des os pour séparer les ailes, les cuisses, les blancs… La peau est caoutchouteuse et épaisse, une gelée transparente sépare les morceaux les plus gros. Ce n’est pas très ragoûtant. Quand vient le moment d’arracher le cœur des entrailles de la bête, je me retrouve avec du sang plein les mains… J’espère qu’il a n’a pas la grippe ce volatile !
Avant de venir ici, je n’avais jamais découpé un poulet cru… Mais j’en ai acheté des blancs en barquette, pour en faire des émincés à la crème !
Je me rends compte qu’un nouveau rapport s’est installé entre la nature et moi. Ce printemps qui n’en finit pas de jaillir, les fruits qui retrouvent leurs géniteurs, loin des bacs de supermarchés hors saison, les guêpes qui dorment encore à moitié de leur sommeil d’hiver et qui envahissent mon hamac, les souris qui ne sont plus si mignonnes, et qu’il faut bien tuer pour défendre ma pitance, les chiens qu’il faut chasser à coups de cailloux quand on marche dans la montagne parce qu’ils font ce que tout chien est sensé faire : défendre leur territoire. Et puis les épinards qu’il faut trier et équeuter, les choux rouges qui ont fait leur apparition sur le marché depuis quelques jours, les quelques poivrons qui se battent en duel et que l’on s’arrache pour un prix scandaleux, le veau qu’il faut faire cuire des heures si l’on ne veut pas se déchausser une dent. Les chats qui miaulent à la lune pour appeler une partenaire, les mouches qui envahissent mon salon.
J’ai des souvenirs des vacances à Villefollet, chez mes grands-parents maternels. Mon grand-père et son ongle du pouce abîmé par un gros coup de marteau, son vieux couteau de poche toujours à portée de main (on ne mettait pas de couteau à table pour lui ! Qui fait ça encore de nos jours ?). Et ma grand-mère qui cache ses romans Arlequins dans sa boîte à tricot au pied de la fenêtre de la cuisine, la tapette à mouche à portée de main, le geste sec et le mouvement des doigts qui ramassent la mouche morte. Mon grand-père qui les attrape vivantes dans son poing et qui les épinglent sur des bouchons de liège, pour s’amuser ! Les fèves dans le jardin, les têtes en fleur des oignons, les poireaux et la remise dans laquelle on n’a pas le droit d’entrer à cause de tous les outils qui y traînent. Le grand noyer où l’on a accroché une balançoire mais sous lequel on n’a pas le droit de dormir, la rumeur disant que les vapeurs des fruits rendent fou… Les gros lumas, les escargots que l’on fait dégorger avant de les ébouillanter et qui me dégoûtent. Les mûres le long de la route et des chemins dont on se gave et que l’on ramasse pour les confitures.
Les grands-parents sont morts, la maison a été vendue. Je traverse parfois Villefollet en allant chez ma tante, mais je ne ressens rien de cette nostalgie qui m’envahit à présent. Maintenant que je repense à tout ça, je ne peux m’empêcher de regretter le manque de patience, le léger dédain que l’on pouvait ressentir pour ces deux campagnards simples et peu éduqués. Le manque d’écoute et de réceptivité à ce qu’ils auraient pu m’apprendre… Comment tuer et peler un lapin ? Comment tuer et plumer une poule ? Mon grand-père qui faisait des berceaux ! Je sais à peine faire une boîte parallélépipédique… Il me reste la belotte ! Il me reste les « œufs au plat », ces pâtisseries que ma grand-mère préparait sur des biscuits sablés avec une moitié d’abricot au sirop et de la crème pâtissière (oh ! ce n’était pas de la grande cuisine !). Nous critiquions toujours le gras sur la vaisselle qui était faite à l’eau froide, et le beurre du moka au café qui le rendait trop gras, trop lourd et pas assez goûteux… Comme nous étions pédants ! Comme nous jugions ! Mais là, moi je me sens un peu perdue parfois dans ce « retour à la terre » et cette reprise de contact avec la nature. J’aimerais tenir la main de mon grand-père sur les chemins, m’asseoir sur un banc du jardin avec lui pour qu’il m’explique la floraison et le nom des arbres, et la meilleure façon d’enrichir son potager, le bon moment pour planter les salades, le maniement de la bêche et du râteau… Je crois que je pourrais même me mettre à aimer les fèves !Il s’est arrêté de pleuvoir, mais le ciel est encore chargé de promesses… Les enfants sont rentrés chez eux. Les chiens se sont tus. Je n’ai pas d’électricité dans la maison. C’est un temps à tricoter et faire des gâteaux, c’est un temps de grand-mère, c’est un temps de province… 
La journée s’est écoulée lentement, au rythme de la pluie qui joue à cache-cache. Je n’ai échangé que quelques mots avec Matine, un des gardes, qui ne veut pas comprendre que je me débrouille assez en dari pour soutenir une conversation et qui ne me parle que par gestes ou avec des mots sans phrases, comme à une demeurée.

Le poulet est cuit, je m’en suis régalé une première fois ce midi. J’ai pris mes deux heures de cours de dari. Je lis des histoires pour enfants, où il est question de bonne et mauvaise action, de bonne et de mauvaise conséquence… J’ai fait un peu de décoration dans ma cuisine… J’ai assemblé quelques centaines de pièces de mon puzzle, j’ai regardé un film et j’ai un peu travaillé. J’ai compté les minutes. Heureusement, une de mes collègues a pensé à moi ce soir et m’a appelée. Nous avons passé un long moment au téléphone, à discuter du boulot surtout, en nous emportant sur tout un tas de choses : cet infirmier fiancé à une gamine de treize ans, le propriétaire d’une de nos cliniques qui veut reprendre sa maison, le personnel qui ne reste pas dans nos centres de santé les plus isolées, un de nos techniciens de laboratoire qui a été débauché par nos équipes dans l’est sans concertation préalable avec nous, les salaires trop bas de nos médecins… Mais je lui racontais aussi Basir et lui faisait part de mon admiration envers les médecins qui l’ont soigné et de la bouffée de fierté qui m’était venue, à la pensée que j’avais moi aussi contribué, aussi ridiculement que ce soit, à ce résultat. Je suis soulagée qu’elle m’ait appelée. Nous avons discuté une bonne heure, pendant que je faisais des crêpes… La journée a été longue. C’est dur d’être seule, enfermée dans ma maison. Cet isolement forcé… J’imagine que c’est un peu la même chose d’être en prison : car je ne PEUX pas sortir. Je n’ai nulle part où aller en fait, personne à qui rendre visite. Il faudrait que j’aille à Mazar-e-Sharif pour voir du monde, mais la sécurité n’est pas très bonne en ce moment dans cette zone, alors nous évitons les déplacements. Dur le week-end. J’apprécie d’être seule le soir, après une journée frénétique au bureau, ou au retour de quelques jours de terrain. Mais aujourd’hui, j’ai vraiment ressenti la solitude.
 

Il neige en altitude plus au sud dans la province. Dimanche matin, je pars pour 5 jours de supervision dans des cliniques que je ne connais pas : Folat, Chorde, Shikha et Pasqol. Je me demande dans quel état vont être les pistes… Ce sont les cliniques les plus éloignées d’Aybak que nous gérions. Raid Gauloise en perspective ! Je vais préparer une provision de cakes pour les trajets avec Alisha ! Le temps va ainsi passer qui me sépare d’une semaine à Kabul. Pour une fois, je ne suis pas mécontente à l’idée d’aller « en ville ». J’ai envie de boire un verre, de manger un steak et de jouer aux cartes. Envie de parler français, des plats occidentaux que cuisine Masjid et des PPC (Petites Pauses Clopes) avec les collègues. Et pourquoi pas une chanson ou deux avec mon guitariste préféré ? Et que me réserve demain ? Des « toc toc toc » à n’en plus finir… J’ai l’impression qu’il est très tôt. Qui s’amuse à bricoler un samedi matin ? Ah ces voisins ! Mais le bruit persiste et je me rends compte qu’il s’agit d’un des gardes qui frappe à l’entrée de la terrasse… Je mets l’oreiller sur les oreilles en espérant qu’il va se calmer. Que peut-il y avoir de si urgent qu’il veuille me réveiller ?! Enfin il se calme… Dix minutes ! Et c’est reparti pour un tour. J’enfile un pantalon et une tunique, j’ai la rage aux dents, je sors de la maison comme une furie ! « Qu’il y a-t-il Matine ? J’étais en train de dormir ! ». « Baba Aziz veut savoir si tu auras besoin de son aide pour le jardinage ou s’il peut rentrer chez lui ? ». « Ca va aller, merci, je jardinerai seule ! » Enfin, j’ai dit quelque chose d’approchant dans mon mauvais dari. Matine s’en va, tout contrit devant ma colère visible.
Je me dis que je pourrais aller me recoucher, mais le téléphone sonne. C’est mon adjoint, le Dr. Najib qui a reçu un coup de fil du Ministère de la Santé. Ils nous demandent un document pour hier… Super, c’est une journée qui commence du feu de Dieu !

Mais stop… Je vais faire chauffer le café dans ma petite cafetière italienne, et n’est-ce pas une crêpe qui m’attend là ? Et ce soleil… Oh le beau soleil ! Je vais pouvoir jardiner ! Après le petit-déjeuner, je finis le document en question, et enfin, je sors dans le jardin. Toor, mon chouchou parmi les chauffeurs, est là. Je vais voir Matine et lui explique un peu que lorsqu’il frappe, si je ne viens pas, c’est qu’il y a une raison, deux ou trois fois, ça suffit. Bon, ceci dit, je m’empare d’une bêche et d’un râteau minuscule de style bac à sable, et m’attaque à la préparation du jardin. Toor m’aide à soulever les sacs de fumier pour l’épandage. Il est tout surpris quand il me voit enfoncer la bêche dans la terre grasse, la retourner d’un mouvement puissant et sûr, mélanger et aérer le terreau ainsi formé. Il s’exclame : « Mais c’est très bien, Annabel, tu travailles très bien ! ». C’est sûr que pour une responsable de projet qui passe sa journée dans un bureau (ou presque), je ne m’en sors pas trop mal ! Je me surprends moi-même. Et surtout, je prends un énorme plaisir à avoir ainsi les pieds enfoncés dans le sol, à respirer les odeurs de fumure, à transpirer sous le soleil qui s’élève au-dessus de ma tête… Au bout d’une heure, je n’en peux plus ! J’ai soif, et surtout, la crêpe est déjà oubliée. Je vois des étincelles devant mes yeux. Il faut que je fasse une pause. Toor rigole. J’avale un demi-litre d’eau et une barre chocolaté. J’ai déjà retourné 3 carrés d’environ 4 m² et il m’en reste un à finir. Enfin, le terrain est prêt à recevoir les graines. Le week-end dernier, à Doab, j’ai observé Nicolas planter ses radis, alors maintenant, je sais comment faire. A coups de râteau rageurs, j’explose les grosses mottes et j’aère le sol. Je lance les graines à la volée, les recouvre de quelques centimètres de terre, tasse un coup, et arrose légèrement. Arrosoir improvisé sur le modèle de celui de Nicolas : on fait des trous à l’aide d’un clou chauffé sur la gazinière dans le fond d’une bouteille en plastique coupée en deux. Et voilà. Toor n’en revient pas ! Bon, j’ai un peu l’impression d’être une vache dans une foire, dont on jaugerait les qualités : ma vache a les reins solides, elle ne rechigne pas à un peu de travail physique, elle donne du bon lait en abondance… Qui veut ma vache ?! Je ne sais plus si je dois me sentir flattée ou vexée ! J’opte pour l’option auto-dérision.Quand je regarde l’heure, surprise : il est déjà plus de midi ! Voilà deux heures et demi que je travaille dans le jardin. Incroyable ! Je n’ai pas vu le temps passer. Voilà qui me change de la journée d’hier. Je suis ravie. Surtout, j’ai mal au dos, je sens la transpiration… Je me sens active, productive, vivante ! Moi qui ai toujours envoyé ma mère promener quand elle me proposait de l’aider au jardin, pour les fleurs ou autre, voilà que je découvre à 30 ans et en Afghanistan les joies du jardinage ! Tout vient à point à qui sait attendre !

Je m’y remets à 13h30. C’est pas tout ça, mais faut encore que je plante les courgettes !

Quel après-midi ! Voilà Sharaf qui débarque avec un sachet de médicaments à la main… Calculs rénaux, autant pour le diagnostic de la veille ! J’envoie Toor chercher deux nouveaux râteaux car j’ai malmené celui de Kaka Khaliq sur des cailloux et ai fini par en casser deux dents… Oups ! Je m’attaque aux courgettes et à la roquette, avec mon mètre ruban à la main. Je mesure 60 cm x 80 cm pour les courgettes et 20 cm entre les rangs pour la roquette. Je marque les emplacements, j’arrose. Je retravaille un carré du potager, « kurt » en dari, pour continuer ma bordure de fleurs. Et voilà que deux heures et demi se sont encore écoulées. Je donne quelques graines de courgettes pour Sharaf qui possède un très grand potager dont il vend la production au bazar. On s’est dit qu’on allait comparer nos légumes… Je pense qu’il va gagner sans mal !
Je finis la journée avec une belle ampoule que je m’arrache à l’intérieur de ma paume droite. La marque du combattant. Je me sens tellement bien après cet exercice au grand air !

A 16h, Noria arrive pour mon cours de dari, mais j’avais oublié qu’aujourd’hui, nous devions aller chez le tailleur… Car il y a un nouveau tailleur qui arrive de la Capitale, de Kabul, il paraît qu’il fait de magnifiques vêtements et qu’il a MEME des livres de modèles ! Je ne peux pas rater ça. J’embarque mes trois bouts de tissu qui traînaient, deux tuniques à reprendre et nous voilà parties comme deux adolescentes. Belle partie de rigolade chez le tailleur… Ils ont un mannequin en plastique dans le magasin. Ils ne l’ont pas encore habillé. Alors ils enfilent dessus une de mes robes. Noria glousse bêtement. Elle me chuchotte : « Ne leur dis rien car ils rigolent déjà ! ». Ca va Noria, j’ai trente ans, je peux assumer trois adolescents qui ricanent bêtement (mais c’est un pléonasme). Bon, je choisis un modèle sur un de ses livres et arrive le moment de prendre les mesures. Comique. Le tailleur n’ose pas trop me toucher, alors il me fait un 105 F à la poitrine, des hanches de violoncelle, etc. Je finis par lui arracher le mètre ruban des mains et à prendre les mesures moi-même. Ca sera mieux je pense.
Enfin, en dix minutes, tout est bouclé et nous pouvons rentrer à la maison pour le cours de dari.
Ah non, Noria n’a décidément pas envie de travailler aujourd’hui. Elle me demande si je peux lui montrer le piano. C’est vrai qu’en 3 mois de leçon, elle n’en a toujours pas entendu le son. C’est parti, j’enchaîne la Lettre à Elise pour la paix dans les ménages, et puis trois chansons. Elle est ravie et impressionnée. Elle me dit : « Quand tu chantais, je ne savais plus où j’étais ». Et bien, quand tu veux Noria ! Je la pousse un peu et nous nous mettons au dari, pour à peine une demi-heure car j’avais prévu d’aller au bureau.  Le soleil est en train de baisser sur les montagnes qui embrassent Aibak. La lumière est tellement transparente que j’ai l’impression de voir les fleurs pousser sur les sommets.
Quelle belle journée ai-je passée ! Il est oublié ce vendredi morose. Une journée comme celle d’aujourd’hui en vaut bien dix comme celle d’hier. Merci la campagne !

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