Il est 7h30 et je viens d’arriver au bureau. Mes collègues de Mazar sont en train de prendre leur petit déjeuner ou de faire leur toilette. Voilà 2 jours qu’il pleut sans cesse, dans la cuvette d’Aibak. Les bords délimités par quelques sommets autrefois bruns sont maintenant chapeautés de gros nuages porteurs de neige. Il faut 7h maintenant pour faire aller de Kaboul à Aibak, car la route qui franchit l’Hindou Kouch par le Salang est enneigée et pleine de congères. C’est le début de l’hiver et les taxis ne se sont pas encore tous équipés de chaînes, ce qui fait que depuis une bonne semaine, il ne se passe pas un jour sans que des voyageurs meurent sur la route, dérapant vers le vide ou entrant en collision avec un camion.Ici, c’est la gadoue. J’ai chaussé mes grosses bottes doublées à crampons, ce qui n’a pas empêché les engelures. On patauge dans la boue et on troque ses chaussures à l’entrée du bureau contre des savates en plastique. Les miennes sont jaunes et bleues… Sexy !Il y a quelques tensions dans la province en ce moment, alors les déplacements sur le terrain ont été suspendus pour les expatriés. Sans doute que j’irai passer l’Eid à Kaboul, pour plus de sécurité. J’en suis à la fois contente car je pourrai voir quelques amis, et un peu triste, car j’anticipais ces quelques jours de calme dans ma maison, à finir ce qui traîne depuis mon arrivée, côté boulot, et puis le piano, un peu de cuisine, de lecture et de travaux de décoration. Normalement donc, vendredi, je m’en vais sur la capitale pour une semaine.J’avais juste envie de vous faire un petit signe ce matin, profitant du calme avant la tempête ! Bonne journée à tous.